jeudi 15 juillet 2010

mercredi 30 juin 2010

do not disturb


Je suis dans ma grotte pour quelques temps. Je vous écris le Livre du Kayak-Postal.
Merci d'avance

samedi 26 juin 2010

libraires :

Pau Lescar : Cultura

lundi 7 juin 2010

Librairies

Vous trouverez le livre de Jean :
à Orthez : au centre Culturel
A Tarbes : Au centre culturel du Parvis
A Pau : Chez Tonnet, au centre Culturel, chez Abyss et chez Cozyn
A Oloron : A la petite librairie, Au centre Culturel, A Interclasse.
A Goes : à l'épicerie du rond-point

Salon du livre A OLORON 12 et 13 Juin

Jean dédicacera son livre et présentera ses publications à venir ainsi que le programme de ses prochaines expositions photos intitulé : regard sauvage sur le haut Béarn.

mardi 1 juin 2010

deuxième extrait

Gérard le voyageur sans histoire extrait2
Il parle avec nostalgie de l’ancienne époque. Avant la révolution, les ambassadeurs donnaient des réceptions ici. Les grands orchestres de rumba jouaient sur l’estrade. Les femmes aux longs cheveux, dans leurs robes du soir, dansaient. Le grand lustre de cristal de cinq cents bougies illuminait la pièce. Le cuisinier, un aventurier français, faisait tourner les fourneaux à grands coups de gueule, les vingt commis courraient dans tous les sens. Les serveuses aux yeux pétillants s’affairaient.
La señora Gimenez, la «comtesse» comme l’appelaient les gens de l’hôtel passait d’un endroit à l’autre avec les hommes les plus importants de l’île à son bras.
Lui, enfant des rues en guenilles, se dissimulait pour admirer les va-et-vient des uns et des autres. Cet univers de lumière et de paillettes le faisait rêver.
Un jour, la señora l’avait attrapé par le bras et l’avait envoyé prendre un repas à la cuisine, puis une douche. Une serveuse lui avait donné une chemise de coton rouge, un pantalon de lin, une paire de chaussures noires, vernies et trop petites. Depuis, il n’avait plus quitté la maison.
Il avait vu les Limousines partir, chargées de malles, vers l’Aéroport.
Les gens de la maison étaient renvoyés, faute de clients, dans les cris et les larmes. Un matin, le Français avait disparu.
Finalement, les soldats étaient venus. La comtesse les attendait. Elle était vêtue d’une grande robe noire. Elle brillait de mille reflets.
Ils étaient entrés les pieds couverts de boues, l’arme à la main, dans le désordre le plus complet, souillant le grand tapis rouge du hall.
Du haut de l’escalier, elle s’était mise à les apostropher leur demandant si leur mère les avaient éduqués aussi mal ou si c’étaient leurs armes qui les faisaient ressembler à des voyous.
La voyant descendre, ces hommes baissèrent les mitraillettes.
Entre deux rangées de soldats, n’osant pas la regarder, elle sortit la tête haute, le corps droit et le regard fier. Ils la suivirent la tête basse sans un mot.
Victor ne sachant pas où aller, resta et essaya de protéger les biens de l’hôtel en attendant le retour de la señora. Elle fut condamnée pour trahison envers l’état et fusillée. L’hôtel était tombé dans l’oubli. Il fut pillé plusieurs fois. Finalement, Victor l’avait rouvert.
Je m’assois à une table. En levant la tête, j’aperçois un crochet noir au centre d’une fresque. Il sort du nombril d’un ange peint sur la voûte du plafond.
La tête renversée en arrière, je rêve. Une mouche vient se poser sur mon crâne dégarni.
Le lustre pendu au crochet est hissé par deux nègres en burnous. Les cinq cents bougies viennent d’êtres allumées. Au fur à mesure qu’il monte, l’obscurité s’éclipse. L’ange qui protège les lieux apparaît. Les cristaux en s’effleurant tintent doucement. Sous la charge, les muscles tendus des deux hommes plient souplement. Leur rythme est lent mais régulier. Sans à coups, le lustre s’élève se balançant tranquillement.
Un musicien, sur l’estrade, accorde sa guitare, jouant un petit air guilleret.
Un saxophoniste et d’autres cuivres reprennent l’air, chauffant leurs joues.
Un sourire éclaire le visage du guitariste, une petite lumière brille dans ses yeux.
Il se tourne vers le percussionniste et fait un clin d’œil. Son regard se pose sur chacun des musiciens.

dimanche 30 mai 2010

extrait Gérard le voyageur sans histoire

Gérard le voyageur sans histoire extrait
La montée est raide, je souffle fort, mes pas sont courts. L’envie de redescendre me traverse l’esprit. Un vautour fauve croise le ciel. Mes pieds continuent sur la sente dans la pente vertigineuse. Le soleil n’est pas encore arrivé, il sera en haut avant moi. Un sanglier surpris s’en va, l’air vexé de sa propre peur, à travers les hêtres. Un renard saute du chemin et disparaît derrière un rocher. Des choucas volent en bande au gré des courants d’air sur les estives. Je ne sais qui joue avec quoi ? Cela semble si simple, leurs tonneaux et autres acrobaties, est-ce l’air ou eux qui dirige cette escadre ?
Je marche seul, transpirant abondamment, voir allègrement. Il n’y a pas plus de neige à la cime que de cheveux sur le sommet de mon crâne. Enfin j’y suis, la plaine immense se révèle à l’instant où le premier rayon de soleil me réchauffe. Une bouffée de bonheur entre en moi. Plus aucune barrière ne bloque ma vision qui s’en va loin, tout au bout de l’horizon. L’herbe est bien verte, des fleurs commencent à éclore tout doucement, timidement, comme si elles craignaient encore le retour du froid de l’hiver.
C’est beau, l’air est cristallin, le ciel est pur. Deux petits nuages blancs sont dans un coin l’un à côté de l’autre comme s’ils ne voulaient déranger personne. Derrière moi les pics sont encore enneigés et scintillent. Je cherche la Dame Blanche pour m’amuser, et voit la forme d’une princesse qui dort. Sa silhouette drapée d’une grande robe blanche laisse entrevoir sa tête ornée de longs cheveux bruns, ses seins, son ventre, ses pieds. Majestueuse, elle change ses atours en fonctions des saisons et de la lumière.

Je ne l’avais jamais vu alors qu’elle est là depuis des millénaires.
Un souffle d’air me fait tressaillir. Je change mon polo, passe un pull en laine polaire, sors un thermos de café et un sandwich que l’on m’a préparé à l’hôtel pour casser la croûte. Tout en mâchant, mon regard se tourne vers la grande forêt du Bager. J’ai l’impression de ne l’avoir jamais observée. Elle me semble toute neuve. C’est peut être la rosée du matin qui la rend si belle. Sur ma gauche, je vois deux grands arbres tout jaunes. Mes sens reviennent sur ce pain si croustillant dans lequel un bon fromage de brebis doré se trouve.
Mes yeux qui semblent plus rapides que mon esprit repartent vers ces deux points jaunes entrevus un bref instant. Le haut d’une falaise me gêne pour voir tout autour. Je me déplace sur une courte distance, et là, huit cents mètres plus bas, un immense visage apparaît.
Le front est une prairie où paissent des chevaux. Les cheveux sont verts éclatants. Les deux bouquets d’arbres jaunes, des mimosas, sont les yeux. Le nez est blanc. Les joues pétillantes sont presque orangées. La bouche bordeaux sourit. Du blanc laisse deviner les dents. De grands bouleaux dessinent le contour. La nature pourrait-elle dessiner cette peinture de maître elle-même ?
Je sais que c’est le travail de l’homme ou plutôt de Philippe Belengin. Mais l’humain fait partie du règne animal, de la terre, c’est elle qui l’a dirigé pour se parer d’une œuvre d’art à la grandeur de sa nature.
Mon étonnement grandit encore quand je m’aperçois que ce doux visage masculin est tourné vers une petite vallée en triangle qui dans beaucoup de civilisation est le symbole de la féminité. Le masculin regardant le féminin, déjà épris de sa beauté, qu’ily a-t-il de plus beau comme message ?
J’essaye de graver cette vision, sans succès. Cette image ne veut pas être photographiée. La pellicule ne peut pas l’emprisonner. Mes yeux voient le dessin, l’objectif cadre toujours trop loin, perdant les détails, ou trop près, perdant l’ensemble. Je ressens que tout est éphémère, et ne peut le saisir. A chaque seconde qui passe je m’énerve davantage. Seule ma mémoire le reverra. Je suis incapable de le ramener vers les autres. Ils devront le découvrir par eux-mêmes, en suivant ce sentier qui mène au sommet alors que la lumière du petit jour l’éclaire doucement.